Association Terra Libra : éducation et agro-écologie à Douala, Cameroun, Afrique... Solutions africaines au changement climatique
Ecoute,Afrique
Les arbres grincent
La vache beugle de suppliques pour sa vie
Le lièvre vagit au piège, pour sa viande.
L'humus craque,l'herbe crisse, mes graines s'assèchent
Ma mère s'attriste des mauvaises récoltes
Les pierres tremblent, le village s'écroule
Le vent mugit, le fleuve sort de son lit
L'eau emporte tout sur son passage
La forêt récule, Le désert avance
Le soleil darde et se fait plus brûlant
Et toi, tu ne ressens rien.


Oui, la sensibilité des africains et des écosystèmes d'Afrique aux changements globaux augmentent de jour en jour.


Le Climat change.

Cependant, nous croyons qu'une question critique que chacun pourrait se poser à présent serait par exemple: est-ce que j'aime la Terre ? Comment va la Terre, comment vont les arbres, comment vont les animaux, comment vont les lacs aujourd'hui? Et pour nous qui vivons ici, quelle est notre part de responsabilité? Où exploitons, pillons ou polluons-nous la Terre? Pourquoi voyons-nous disparaître des espèces, des gènes et des écosystèmes à une vitesse sans précédent ? Quelles en seront les conséquences ? Quel en est le prix à payer ? Enfin, comment peut-on inverser la tendance ? Ces questions, ainsi que d'autres similaires, devront tôt ou tard être posées par chacun d'entre nous pour comprendre notre rôle, notre place dans cette planète et à quel point l'unité avec la biodiversité est l'une des clés importantes pour résoudre la crise climatique globale en vue d'un développement sain et durable sur Terre.


Pour nos sages et pour nos ancêtres africains, dans leurs comptines de jadis, dans les chants des femmes Duala, les récitals des vanniers, les danses des cultivateurs, les claquettes des enfants, il a toujours été dit: la Terre est Unité, il faut vivre en communication avec Elle.

Que nous disent aujourd'hui ces mots: "Unité" et "Communication" ?

Pour eux de la Terre et pour nous, le vocable "communication" veut dire nous mettre à la place de la Terre-Mère, de chaque être vivant qu'elle porte en son sein:homme, animal ou végétal.

Et pour nous, le terme "unité" veut dire: tout est lié:tout ce que nous faisons ou ne faisons pas à la Terre a son effet dans ses processus et plus tard, dans le Climat.

Dans un article paru sur le net le 3 février 2010 par Proceedings of National Academy of Science, Unger et ses collègues décrivaient comment ils ont utilisé un modèle climatique pour estimer l'impact de 13 secteurs d'activités économiques entre 2000 et 2100. Ils ont basé leurs calculs sur des inventaires réels des émissions collectées par des scientifiques dans le monde entier, et ils supposent que les moteurs des véhicules émergent comme étant les plus gros contributeurs au réchauffement actuel de l'atmosphère et à court terme.

La présente analyse propose aux dirigeants politiques et au public une compréhension beaucoup plus détaillée de comment atténuer le changement climatique de manière plus efficace. Le transport routier est certes de bien des façons polluant mais miser sur la protection de la nature et le végétarisme sans tabous est 20 fois plus gagnant. C'est bon pour le climat, à court et à long terme, et c'est bon pour notre santé et celle de l'environnement.

Un exemple: brûler des biocombustibles ménagers,
brûler de grandes masses de bois pour la production de charbon, utiliser de la bouse animale pour accroître les rendements agricoles, contribuent également au réchauffement climatique. Elever du bétail, en particulier celui qui produit du méthane, serait la cause la plus importante du dérèglement climatique.Le bétail produit non pas seulement 18% de gaz à effet de serre comme le laissait croire un rapport (2006) de la FAO mais jusqu'à 50% de (GES) selon de nouvelles études connues depuis 2009. Tout en faisant souligner que le méthane est 20 fois plus puissant que le dioxyde de carbone ce rapport devrait parler à nos consciences face à des pratiques qui ont encore cours ici en Afrique et qui polluent plus que camions et voitures réunis.

A l'autre extrémité de la gamme, le secteur agricole et forestier détruit une grande quantité d'organismes vivants des sols ainsi que les arbres par des feux de forêts tropicales, la déforestation, les feux de savane et de broussailles, lesquels émettent de grandes quantités de particules de carbone organique qui bloquent la radiation solaire.

Ainsi, pour l'homme africain, les changements climatiques actuels seraient en grande partie le résultat du grand pillage de la nature et de la biodiversité. Cette destruction concerne plus de 50% des espèces animales et végétales qui ont dû mourir du fait des trafics divers, de l'alimentation et du modèle agricole.La solution majeure au réchauffement climatique passe donc par des actions en faveur de la réparation de tous les préjudices suscités..

Pourquoi disons nous qu'il faut réparer les préjudices relatifs à l'extinction de la biodiversité naturelle et animale pour espérer "réparer" le climat ?

1.) On le sait, si on enlève au poisson ses branchies,alors on retire à l'eau ses filtres naturels et ses adoucisseurs vivants. Ainsi, si le poisson d'eau douce disparaît, alors l'eau n'est plus "douce" du tout, sa quantité et sa qualité diminuent.

2.) Si on maltraite les plantes et l'humus du sol avec des produits chimiques et des engrais, cela empoisonne l'environnement, tue d'innombrables animaux, petits et grands, infeste les champs, jusqu'a l'air, ainsi que les "pollinisateurs" comme l'abeille et certaines espèces d'oiseaux.Et tout ce que nous faisons à la Terre revient vers nous, car "la Terre nous donne".

Autre exemple: si l'éléphant d'Afrique est menacé, à la longue, cela entraîne la disparition de 30 espèces d'arbres selon les régions, sans même qu'on recourt à la déforestation classique: l'on retire ainsi à la Terre ses enfants et ses"adoucisseurs".

Ce phénomène entraîne un affaiblissement des services écologiques naturels.

En réponse, la Terre -Mère cherche à s'ajuster et à contrebalancer ce manque - cette disparition des espèces - par une harmonisation des quantités d'eau et de la productivité des cultures. L'humus devient "la pierre" et le sol aride. C'est le cas en ce moment en divers endroits en Afrique. Il s'en suit une baisse drastique des récoltes laquelle aiguise les problèmes de la faim, de la misère et de la pauvreté.

Le braconnage, l'utilisation des forêts pour la production de viande - donc l'élévage sanglant -, la destruction de la surface forestière pour les loisirs ou pour le trafic du bois, tous ces pillages qui ont lieu ici en Afrique doivent s'arrêter car elles concourent à la disparition des espèces, vitale au développement de la vie; car la Mère-Terre en souffre et lutte pour sa survie.

La disparition des espèces exacerbée par le truchement des assiettes entraîne aussi des changements de régimes hydrologiques dans nos pays, la réduction de la disponibilité en eau, le dérèglement de la Mousson africaine, le déchaînement de la chaleur et des pluies.

D'où l'équation: pas d'animaux = à la longue pas d'arbres, partant, pas de services écologiques. Par exemple, le simple service écologique qui revient à la nature de juguler la teneur atmosphérique en gaz carbonique est en train de disparaître et, avec lui, beaucoup d'autres espèces.

Les résultats de l'analyse menée ci-dessus nous amènent par conséquent à envisager des solutions au niveau africain car bien que sous-développée l'Afrique ne saurait se dédouaer de sa contribution au dérèglement climatique.Car ce qui est fait ici en Afrique a ses conséquences à petite échelle et à l'échelle du globe par la suite.

Aussi, les comportements et gestes réparateurs les plus significatifs au niveau individuel et communautaire seraient les suivants :

- La nécessité de "fabriquer d'autres espèces d'animaux". N'est-ce pas?
Sinon, il faudrait devenir "non chasseur", arrêter de détruire les animaux restants et remplacer notre alimentation africaine carnée, par une alimentation sans éléphants, sangliers et autres - donc sans animaux. Le fait d'arrêter de manger les animaux devrait se faire sans tabous, cela ferait refleurir des milliers d'arbres sauvages d'espèces différentes et variées.Car dans l'exemple de l'éléphant, s'il disparaît, les arbres disparaîssent juste après lui car ces "géants de la forêt" ne peuvent continuer à vivre que si les éléphants transportent leurs graines et germes; car ces arbres, lorsqu'ils sont devenus grands, leur servent également de nourriture, de frottoir, de parasol. La nature est intelligente.

- De la même manière, si l'animal est protégé dans son ensemble - que toutes les espèces sont non chassées et non abattues-, la diversité forestière africaine augmenterait également sous l'effet conjugué de l'homme qui "re-plante les arbres" et des animaux qui polinisent la nature.Ce serait un signal fort pour le Climat et la Terre.
La Terre-Mère, elle, se chargerait de continuer à réguler les populations animales et végétales, ainsi qu'à les répartir avec sagesse, sans heurts.

- Les effets positifs de ce changement de comportement seraient particulièrement visibles sur les marchés et les politiques publiques, avec des changements de vision pouvant aller jusqu'à la paix entre les peuples.Car si les hommes perdent le goût de détruire les animaux, ils perdront aussi l'envie de se battre et cela effacera les zones de combat en Afrique préjudiciable à l'homme comme à la nature.

Excéder 40% de disparition des espèces tant végétales qu'animales est à présent fatal pour l'homme.Ces pertes d'espèces ne peuvent à elles seules être compensées par la plantation d'arbres alors même qu'il manque d'espace vital (urbanisation poussée) et par ailleurs, qu'il faut que ces arbres plantés poussent un jour( 10 ans et plus), il faut déjà maintenant devenir végétarien pour la santé et le climat.Lhomme ne peut planter ni autant d'arbres, ni autant de variétés d'arbres dans leur diversité, ni réintroduire autant d'animaux que la Mère-Terre, elle-même.

-L'agriculture doit devenir non polluante et à but moins commercial, non mercantile.Le système économique actuel est une nuisance pour le Climat.Il pousse à ne pas respecter la nature ainsi que la période de maturation des fruits.Il faut changer cela et changer soi-même.

- Les énergies fossiles enfument l'Afrique et la planète.Elles ne sont pas inépuisables.
L'énergie nucléaire est dangéreuse; elle n'est pas nécessaire.

A leur place, l'Afrique gagnerait à developper une énergie d'origine immatérielle, solaire et/ou lunaire. La maîtrise du soleil est l'avenir du monde et de l'Afrique.Par exemple, on pourra utiliser des rayonnements en faisceaux du soleil et de la lune pour guérir des maladies ou créer des baies nutritives pour les plantes, pour les cellules, etc...


- La combinaison du "non gaspillage" avec le "végétarisme climatique" avec l'arrêt de la déforestation et des combats fratricides augmenteront la productivité de la biocénose, en particulier forestière, et ajouterait au puits de carbone africain actuel. Cette tendance serait hautement salutaire pour l'Afrique et salvateur pour le monde; ses fruits seraient visibles avant 2050, de par les effets de diminution de température.


-Tout scénario à orientation "égoïste" et purement "économique" tendra à produire les effets les plus sévères pour l'ensemble de la communauté mondiale.

Dans cette recherche participative, l'équipe de Terra Libra vous salue: à bon entendeur salut!
Terra Libra, éducation scolarisation et agro-écologie en afrique - Cameroun
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  vendredi 10 septembre 2010